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Association de capoeira PALMARES de Paris. |
MISE A JOUR LE 18 JAN 2005

par Pol Briand
Tout le monde devrait être d'accord avec les bases que nous avons indiqué dans notre page A.B.C. de la musique de capoeira. Nous allons à présent aborder les qualités qui font pour nous la bonne musique, et nous ne prétendons donner à ce sujet qu'un avis personnel, nourri de trop d'années d'écoute et de pratique, dans la capoeira et ailleurs.
La preuve que la musique est bonne, c'est que le corps jouit.
La preuve que le corps jouit, c'est qu'il danse. — François Tusques.
Dans toute la musique, le rythme est fondamental. Pour que la musique soit bonne, il faut que tout le monde soit dans le rythme. C'est quelque chose qui s'acquiert en naissant ou qui s'apprend à l'usage; comme de toutes façons ça ne s'apprend pas lisant, je n'en dis pas plus. Je l'ai mis en premier parce que c'est le principal.
Dans la capoeira, il faut tout le temps regarder. Dans la musique, il faut tout le temps écouter. Dans le jeu, il ne suffit pas de laisser ses yeux traîner sur l'autre joueur: il faut être en garde, c'est à dire l'épier en essayant de percevoir ses intentions au moment même où commence son geste. Dans la musique, il faut pareillement écouter la musique produite par les autres, afin d'y glisser sa partie; en particulier, il faut suivre le berimbau principal et se laisser guider par lui. Comme dans n'importe quel orchestre, vous écoutez l'ensemble et vous suivez le "chef". Écouter est une condition pour pourvoir faire de la musique, que ce soit avec des instruments ou en chantant et en frappant dans les mains.
Souvent la musique accélère, sans contrôle, alors que la voix ne tombe plus exactement dans le rythme, sans être franchement à côté. Avec de la pratique, on arrive mieux à marquer fortement le temps sans augmenter la cadence.
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Répondre à l'autre est un principe de base de la capoeira, musique y compris. S'il n'y a que deux instruments, un pandeiro répond au berimbau: "anGOlaaa..." dit celui-ci, "poc!" répond celui-là:
pandeiro ...:...o...v...o...:...o...v...o...:...o...v...o...:...o...v...o...:.. berimbau ...x.x.v...h____...x.x.v...h____...x.x.v...h____...x.x.v...h___...x.x. (Angola)
S'il n'y a qu'un seul instrument, c'est le caxixi qui fait la réponse:
berimbau ...x.x.v...h___c...x.x.v...h___c...x.x.v...h___c...x.x.v...h__c...x.x. (Angola)
S'il y a deux berimbaus, le second joue São Bento Grande, avec l'accent sur la dernière frappe (qu'on peut retarder un tout petit peu) qui répond dans le "trou" laissé par le berimbau, comme le pandeiro:
berimbaus Angola ...x.x.v...h____...x.x.v...h____...x.x.v...h____...x.x.v...h___...x.x. S. Bento Gr. ...x.x.h...v...v...x.x.v...h____...x.x.v...h____...x.x.v...h___...x.x. pandeiro ...:...o...v...o...:...o...v...o...:...o...v...o...:...o...v...o...:..
Écoutez le résultat dans les disques des maîtres Waldemar da Paixão, Traíra son élève et Gato Preto, par exemple, et aussi dans la base rythmique du samba bossa-nova Berimbau de Baden-Powell.
Quand nous disons que l'appel--réponse est un principe de base, c'est parce que nous pensons qu'il s'applique partout, depuis la base jusqu'au chant. A un appel (chamada) du berimbau-maître, les autres instruments répondent. A un appel du soliste, le choeur répond, le plus souvent par un refrain.
Quelquefois, la réponse appropriée, c'est un silence. Des silences aux bons moments construisent le rythme.
On peut très facilement faire balancer la musique en jouant le toque
de base de deux manières différentes en alternant. Essayez d'abord avec
l'agogô, vous allez comprendre:
ding-dong-ding ___dong-ding-dong___.
C'est le même principe dans le São Bento Grande da Regional, où l'on alterne une variation du toque de São Bento et une autre construction sur la base:
.......^...v...^.......^...v...^.......^...v...^.......^...v...^....... ...x.x.v...x.x.h...x.x.v...v...h...x.x.v...x.x.v...x.x.v...v...h...x.x. . var. de base . var.de S.Bento. var. de base . var.de S.Bento.
En conséquence, le motif dure deux fois plus longtemps: un coup c'est oui, un coup c'est non. Quand le temps fort revient une fois sur deux, la musique balance déjà.
Plus intéressant, mais plus difficile: le temps fort change de frappe une fois sur deux (par exemple, tantôt à la troisième, tantôt à la quatrième), la musique prend un balancement tout à fait spécial. Vous pouvez entendre ça dans bon nombre d'enregistrements de vieux maîtres, et aussi dans la musique religieuse afro-brésilienne (candomblé).
Quand on débute, on s'en tient au peu qu'on sait faire; quand on commence a acquérir des compétences, il faut les utiliser.
Quel intérêt d'être plusieurs si c'est pour faire tous la même chose?
Jouer ensemble, c'est chercher à ajouter une partie à ce que font les autres, tout en suivant le berimbau-maître. Dès que les éléments de base sont en place, les instruments devraient, plutôt que de reproduire ce qui s'entend déjà, chercher des variations rythmique. Le choeur, lui aussi, peut, dans une certaine mesure, rechercher des variations au delà de la simple différences de timbre.
Pour faire de la bonne musique, il faut écouter l'ensemble. Si la base n'est pas assez claire, jouer (ou chanter) la base. Si elle est bien assurée, jouer (ou chanter) une variation mélodique ou rythmique.
Pol - 14 janvier 2005